Compte rendu du conseil municipal du 22 octobre 2014

« Il n’y a pas de doute, Gournay est un village »

C’était sympathique cette soirée de Conseil Municipal, peut-être parce que la salle Marceau étant plus grande que la salle des mariages, chacun pouvait aller saluer les autres et les conversations, avant que le conseil ne démarre, allaient bon train.
Tout le monde était là !
Les nouveaux élus bien sûr, mais également les anciens de tous bords, venus là pour continuer de se tenir informés, à moins que ce ne soit dans le secret espoir de constater que les nouveaux n’étaient pas à la hauteur des anciens.
Mais nostalgie n’est pas raison et force est de constater que les élus en place font tourner la boutique ni plus ni moins bien que les anciens ne le faisaient.
Quoi que !
Est-ce le fait que ce soit des apolitiques qui soient aux manettes et que les seules oppositions présentes,  bien qu’affichées UMP, se soient toujours défendues de faire de la politique, mais il règne dans ces débats comme un relent de conseil de famille, voire de réunions de syndics où toute référence idéologique  (je ne dis pas politique pour ne pas heurter de chastes oreilles) serait soigneusement laissée de côté.
Les débats restent feutrés et l’on voit de suite  que nous sommes entre gens bien élevés sachant se tenir éloignés des étiquettes partisanes.
Certes on perçoit vite qu’au moindre mot de travers Monsieur le Maire serait prêt à mordre mais  il se contrôle, préférant même écourter les débats plutôt que de sortir de ses gonds. La démocratie y perd ce que la sérénité y gagne. Il n’y a guère que M. Livian, que le rôle d’opposant émoustille qui se risque à quelques piques mais rien de bien méchant.
Même  M. Calmette dont toute l’attitude laisse deviner qu’il en faudrait peu pour qu’il bondisse sur l’un ou l’autre de ses collègues des autres listes, garde son calme. Pourtant la suite des débats va nous apprendre qu’il aurait eu de quoi s’énerver un peu.

Notons avant d’aborder l’ordre du jour que la municipalité avait eu la délicate attention de faire distribuer au public, la liste des points que nous allions aborder. 

En premier il fut proposé d’admettre en non-valeur quelques créances irrécouvrables. On apprit à cette occasion que la somme la plus importante correspondait aux loyers impayés par la société qui s’était engagée à reprendre la Plage de Gournay.
Mais on n’alla pas jusqu’à dire que dans cette affaire l’ancienne municipalité avait fait preuve de beaucoup de légèreté, pas plus qu’on évoqua ce que cette Plage allait devenir.

Puis aux points 2, 3 et 4 on nous fit part des modifications nécessaires, à la marge, dans les budgets de la commune. Tout ceci fut approuvé à l’unanimité sans grande discussion. Un conseiller, toutefois, fit remarquer qu’il aurait été judicieux de tenir préalablement au conseil une commission des finances afin que les élus aient le détail des sommes qu’on leur proposait de modifier.
La majorité écouta cette remarque bien sagement,   mais on n’alla pas jusqu’à promettre qu’il en serait ainsi les fois suivantes.

Au point 5. Il fut proposé de mettre en vente le véhicule de police municipale que nous avions acquis lors de la précédente mandature.
Le terme de police réveilla M. Attal qui s’étonna que le véhicule roulait déjà dans la commune qui voulait l’acquérir et que de plus nous le vendions moins cher que ce qu’il valait. On lui répondit que si le véhicule roulait ailleurs c’est que l’acquéreur avait voulu l’essayer avant de l’acheter et que s’agissant du prix on n’allait pas ergoter pour 500 euros. A la fin tout le monde en convint.
Mais nul ne songea  à demander  quelle définition nouvelle du rôle de la police municipale justifiait qu’on se passe d’un véhicule jugé essentiel hier, ni même si à partir de ce jour la police municipale allait se déplacer à pied, à cheval ou à bicyclette ?

Au point 6, il fut question du tarif de la prochaine sortie des anciens.

Et au point 7, nos élus approuvèrent, là encore, dans une belle unanimité, l’attribution aux jeunes de la commune ayant obtenu le bac avec mention, d’une gratification sous forme de chèque cadeau.
C’est alors que nous fûmes à même  de  constater que l’absence d’élus de gauche dans ce conseil, participait de l’apathie générale.
Personne pour faire remarquer que peut-être nous pourrions nous interroger sur le pourquoi du comment tous les Gournaysiens en âge de passer le Bac ne l’avaient pas avec mention ? Personne pour souligner que l’Education Nationale faute de moyens suffisants confortait les inégalités sociales plus qu’elle ne les corrigeait et que peut-être le rôle d’une Mairie était aussi et avant tout, de venir en aide à ceux qui n’avaient pas les conditions sociales pour réussir, plutôt  que de courir après le succès de ceux qui ont eu la chance de pouvoir poursuivre leur études. Même si parmi ceux-là il n’est pas inutile de souligner que rien ne s’obtient  sans effort.
Mais peut-on s’étonner que le conformisme l’emporte à Gournay quand on voit chaque jour qu’il progresse au niveau national ?

Au point 8, enfin un semblant d’émotion parcourut l’assemblée. Il faut dire que le spectacle qui nous fut donné méritait le détour.
Il s’agissait de savoir si la Ville devait prendre en charge les frais d’avocat d’un ancien élu, dans le cadre d’une affaire concernant son mandat passé.
La majorité nous expliqua que tout ceci était conforme à la jurisprudence. Ce à quoi l’opposition rétorqua que certes c’était légal mais qu’en l’espèce, s’agissant des frais engagés par M. Calmette pour attaquer en diffamation ses détracteurs, la Ville aurait pu se dispenser de cette prise en charge et qu’en conséquence  ils voteraient contre.
Mais au moment du vote et à la surprise générale du public, la majorité s’exprimât également contre la décision qu’elle avait présentée de  prise en charge de ces frais.
Les élus de la liste de M. Calmette, ceux de la liste de M. Attal,
 M. Calmette lui-même, et nous par la même occasion en étions sidérés. A quoi donc servait cette mascarade ? Pourquoi mettre aux voix une décision qu’on ne souhaite pas prendre ?  (il n’y a qu’un cas où l’on est tenu de procéder ainsi : c’est lorsqu’il s’agit d’un vote légal imposé par l’Etat. Mais là ce n’était pas le cas).
Si le but de cette mise en scène était de nous convaincre que l’élection de M. Schlegel ne devait rien à M. Calmette, nous n’avions pas besoin de ce mauvais théâtre pour nous faire notre idée. L’attitude et les votes de chacun nous éclairent assez sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter.

Au point 10 on nous informe que deux agents de la commune sont partis : un brigadier et un agent du service social et qu’ils ne seront pas remplacés parce qu’il n’y a pas assez de demande notamment au service social.
Donc cela semble dire qu’avant leur départ ces agents ne faisaient pas grand-chose. Il aurait été intéressant de savoir s’il en restait encore beaucoup des employés sous occupés ? Mais personne ne posera la question.

Le point 11 demande l’autorisation de créer un CHSCT pour la mairie et les organismes associés. C’est une obligation légale, tout le monde approuve.

Au point 12 on apprend que la préfecture n’assurant plus l’instruction des actes individuels d’urbanisme c’est la commune qui s’en chargera. Cela devrait aller plus vite et se faire sans embauche.
(c’est surement un de ces  agents peu occupés qui va se charger de ce travail ?) On aurait pu en profiter pour souligner que non content de baisser nos subventions, l’Etat ne manque pas une occasion de  transférer les charges de travail sur les communes. Mais à quoi bon puisque de droite ou de gauche tous les gouvernements ont mené la même politique.

Et enfin le point 13 où il est demandé une subvention de 250 Euros  pour un Gournaysien  Champion de France vétéran et vice-champion d’Europe d’athlétisme et qui souhaite se rendre au championnat d’Europe. Tout le monde est d’accord.

L’ordre du jour officiel étant épuisé, nous enchainons avec les questions diverses, il y en a deux posées par le groupe UMP.
-Où en est-on de la rénovation du marché ?
Le Maire semble ravi de cette question car effectivement il voulait nous en parler. En deux mots l’ancien projet est abandonné et on a négocié auprès de Vinci, qui était l’aménageur principal, pour qu’il revoie sa copie, ce qu’il a accepté. Donc fini les 150 logements étudiants, on s’oriente vers une résidence mixte, de 73 logements, pour des personnes âgés ou des familles et les parkings ne seront plus en surface mais en sous-sol. S’en suit un échange aigre doux  sur la durée des travaux, sur le fait que l’ancienne majorité n’avait absolument pas bouclé ce projet, sur les travaux d’aménagement intérieur à prévoir mais qui seraient pris en charge par le gestionnaire du marché. Sur l’intérêt d’avoir des anciens et des familles plutôt que des étudiants,
M. Attal fait d’ailleurs observer que s’il n’avait pas retenu l’option des anciens c’est à cause de la nuisance sonore qu’occasionnera deux fois par semaine l’installation matinale du marché.
 C’est bien connu les étudiants dorment du sommeil de plomb ! Cela dit il faut attendre la proposition finale de Vinci pour savoir si tout ceci sera un jour réalité.
En attendant nul ne pose la question de savoir si le fait de faire venir des familles n’aura pas une incidence sur les écoles, ni même de savoir si le fait de reculer la construction de logements sociaux ne va pas amener l’Etat à revoir à la hausse notre amende pour non construction des dits logements sociaux.
Il ne se trouvera même pas un petit malin pour faire observer que la poste réduisant son activité, n’a plus besoin des mêmes locaux et qu’à bien y regarder le terrain de boules, la poste , le marché, le tout réunis cela fait un bel espace pour qui voudrait construire et que ce  serait bien le diable qu’un élu ou un promoteur avisé ne s’en soit pas déjà aperçu. Mais à quoi bon soulever les sujets qui fâchent.

-La politique des transports pour les associations.
Mme Charrier s’insurge contre le fait que la ville lui ait refusé un car pour la sortie qu’elle organisait à l’Opéra pour l’association de Danse.
M. Le Maire explique qu’il s’agit d’une mesure générale, car il est nécessaire de revoir l’ensemble de la politique des transports pour les associations. Il y avait deux options soit on continuait comme avant en attendant d’établir de nouvelles règles, soit on arrêtait tout et on réfléchissait !
On a choisi la seconde au nom du principe de précaution sans doute ? Mme Charrier persiste et veut savoir si pour son gala de juin cette question aura été tranchée ? Le Maire à bon espoir mais ceci n’équivaut pas à une réponse positive !

En fin de Conseil Monsieur le Maire nous livre quelques informations :

  • La course pédestre des 10Km de Gournay a été une réussite.

On en était bien content mais dommage qu’on ne nous ait rien dit sur l’excellente performance réalisée à cette occasion par le  Conseiller Général (et de Gauche) du Canton qui pourtant était dans l’assistance. A quelque mois des élections cantonales, nous élus, nous  n’aurions pas manqué de signaler l’évènement.

  • L’ouverture du stade pendant les Congés scolaires est en place.
  • Le centre de loisirs étant sur le point d’être inauguré la population sera invitée à lui trouver un nom
  • Et pour finir le Maire nous explique en des termes embrouillés que  la majoration de l’amende sur le quota social sera de 98% pour les trois ans à venir.

Et là grand silence, pas un conseiller municipal pour s’inquiéter de ce que cela veut dire réellement. Pudeur coupable sans doute car en fait il s’agit de l’amende pour non réalisation des logements sociaux. Et il ne se trouvera pas non plus d’élus pour demander l’incidence que cela va avoir sur le budget et si par hasard les décisions exposées plus haut sur le Marché ne seraient pas la cause de cette augmentation de l’amende.   Et à plus forte raison personne pour s’émouvoir du constat que la ville de Gournay est loin de respecter ses engagements sur le logement social et d’exiger un plan d’action pour remédier à cette situation. Le logement social visiblement n’est pas la préoccupation immédiate de ce conseil.

On ne nous dira rien non plus sur la rentrée des classes et l’état des effectifs. Pourtant  la nécessité d’une école supplémentaire ne manquait pas d’occuper les candidats avant les élections. Mais l’opposition ne fera là, comme sur le reste, pas preuve d’une grande curiosité.

A 22h l’affaire était pliée et chacun de s’en retourner chez lui non sans avoir promis de revenir lors d’un prochain conseil.


 

Avec le soutien du Parti Socialiste de Gournay sur Marne